Résumés : Actualités des recherches céramiques

2. ACTUALITÉ DES RECHERCHES CÉRAMIQUES

— Arnaud GALLIÈGUE : Lampes à huile funéraires de Teulat (Tarn) : apports lychnologiques et pratiques de dépôt dans une nécropole antique du sud-ouest de la Gaule
L’opération d’archéologie préventive menée à l’hiver 2024-2025 à Teulat (Tarn) par la société Arkemine, sous la direction de Céline Beauchamp, a livré un corpus cohérent de lampes à huile en céramique issu d’un contexte funéraire antique, dont l’état de conservation et l’homogénéité offrent des conditions particulièrement favorables à une étude lychnologique approfondie.
La communication proposée se concentre sur l’analyse de ce lot de lampes, envisagé comme un ensemble de référence pour la caractérisation du mobilier luminaire en céramique d’époque romaine du sud-ouest de la Gaule, encore relativement peu documenté.
Elle portera sur l’observation des pâtes et l’analyse des types, des formes et des décors de médaillons, en mobilisant les grandes classifications typologiques et iconographiques. Malgré la forte standardisation des productions de lampes à partir du 1er siècle de notre ère, plusieurs critères, notamment morphologiques et stylistiques permettent d’identifier une provenance locale : les lampes présentent en effet des caractéristiques très proches de celles issues d’ateliers situés à une quarantaine de kilomètres du gisement étudié. Cette concordance, observable tant dans les profils que dans les choix décoratifs, confirme l’existence d’un approvisionnement local voire régional structuré.
Enfin, si l’approche demeure centrée sur les objets eux‑mêmes, le corpus renouvelle également la compréhension des pratiques funéraires régionales. Les modalités de dépôt, les associations d’objets et les gestes liés au mobilier luminaire offrent une documentation actualisée sur l’usage des lampes dans les contextes funéraires de la région toulousaine, en complément des apports strictement céramologiques et typologiques.

— Giuseppe INDINO, Michel TRAN : Les importations de vaisselle italique chez les Nitiobroges d’Eysses-Excisum à la fin de La Tène : campaniennes A et B et à palmettes, amphores italiques
De nombreux tessons de campanienne A et B et à palmettes sont mis au jour lors des projets de lotissements du quartier d’Eysses-Excisum dans la commune de Villeneuve-sur-Lot (47). Ces vaisselles témoins accompagnent des milliers de fragments d’amphores vinaires gréco-italiques et italiques, montrant ainsi l’importance de ce carrefour commercial dès la fin du deuxième âge du fer et la conquête romaine.
Les céramiques campaniennes à palmettes par leur nombre et présence, en comparaison d’autres sites du sud-ouest de la France, témoignent des échanges et des relations sur l’axe Aude-Garonne et ses affluents durant plusieurs siècles entre le monde italique et le peuple des Nitiobroges, dans une région de l’Europe considérée comme périphérique.

— Stéphane DUBOIS, Adrien SAGGESE, avec la coll. de M. Andrieu et M. Mauger : Un ensemble clos remarquable de la seconde moitié du IIIe s., le mobilier des latrines de la fouille de la Grande Bibliothèque à Besançon (Doubs)
Des latrines collectives carrées, installées dans un quartier d’entrepôts bordant le quai d’un bras mineur du Doubs, ont fait l’objet d’un colmatage dans le troisième quart ou la seconde moitié du IIIe siècle. Avant obturation par de gros blocs de pierre, d’importants rejets détritiques ont été rejetés dans le comblement, en particulier de la vaisselle de table et culinaire, un peu plus de 3500 tessons pour 177 NMI, outre quelques verreries, fragments de statuettes en terre cuite méditerranéennes, et un exceptionnel vase en pierre ollaire épigraphique.
Ce lot permet de caractériser le répertoire bisontin autour des années 260-280/300, et de mettre en évidence des sources d’approvisionnement multiples, Afrique du Nord (sigillée claire C et Africaine de cuisine), Gaule Centrale (sigillée, métallescente, VRP, mortier), mais également différentes sources de Germanie Supérieure (Rheinzabern, Ittenwiller, Trèves, plateau Suisse, territoire séquane). La céramique culinaire se répartit entre communes sombres, régionales surtout mais avec quelques apports extérieurs (rauraque, lingon, rème ou tricasse), et céramiques claires à enduit micacée, pour partie d’origine éduenne (Chalonnais), pour partie issue de multiples ateliers supposés régionaux.
Cet ensemble constitue un référentiel remarquable pour appréhender l’évolution du faciès céramique bisontin entre la fin du Haut-Empire, et le début de l’Antiquité tardive.

— Marjorie RIOU, avec la coll. de A. Guerraud : La céramique augustéenne à Bourges (Cher)
Les fouilles archéologiques menées sur le site de Bourges (18)  –  Chemin de Vouzay ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité d’Alexis Guerraud dans le cadre du projet de construction d’une maison individuelle. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de la Protohistoire et de l’Antiquité. De nombreux fossés linéaires ont été mis au jour au sud de l’emprise de fouille. Les sondages effectués dans le fossé, situé le plus au nord, ont permis de présenter un creusement à parois majoritairement obliques à fond en cuvette, voire légèrement plat. Traversant tout le site d’est en ouest, celui-ci pourrait correspondre à un fossé d’enclos parcellaire daté de l’époque Augustéenne (-27 av à 14 de notre ère).
L’occupation antique montre deux grandes phases chronologiques : l’époque augustéenne et la première moitié du Ier siècle apr. J.-C., avec un ensemble qui peut se situer plutôt dans le second quart du Ier s. La phase chronologique prépondérante est l’époque augustéenne, qui concerne principalement le grand fossé F135 et sa prolongation F189. Trois grandes catégories céramiques se démarquent pour cette période : la Terra Nigra (NMI : 61) avec des formes parfois très précoces comme la coupe Menez 64, la céramique modelée (NMI : 52) avec des types proches de la céramique de type Besançon (pots à bord mouluré et jattes à bord rentrant) et les amphores italiques de type Dressel 1 (NMI : 10). La campanienne B est aussi présente sur le site, démontrant encore la précocité du site.

— Laurence BENQUET : La réutilisation des amphores en Corse : étude de deux nécropoles de l’Antiquité tardive
Les études menées sur les amphores découvertes sur les nécropoles fouillées récemment de Vico à Sagone et de Zanardi sur l’île Rousse permettent non seulement de décortiquer les gestes liés à la pratique de l’enchytrisme mais également de retracer les divers courants commerciaux entre la Corse et le bassin méditerranéen entre la fin du IIe et le VIIe s.
Les différents types d’aménagement des sépultures sont très originaux, bien loin des pratiques observées sur le continent, la plupart des amphores sont découpées sous l’épaulement, le corps introduit dans la panse et le col remis en place. Sur les nécropoles Corse, elles sont essentiellement découpées dans le sens la longueur, associées indifféremment à d’autres amphores, à des matériaux de construction, à des fragments de grands vases de stockage… Elles servent essentiellement de réceptacles, de couverture, plus rarement de bâtière pour protéger l’entièreté du corps ou seulement une partie. Les pratiques de l’enchytrisme en Corse se distingue donc de celles que l’on observe habituellement sur les nécropoles du bas-Empire sur le littoral méditerranéen ou bien dans le sud-ouest de la Gaule. Il faut plutôt chercher les comparaisons avec les découvertes effectuées en Sardaigne et en Sicile où la pratique de l’enchytrisme est présente dès l’âge du Bronze

— Maxime MORTREAU : La céramique gallo-romaine du site des « Rittières » à Saint-Sylvain d’Anjou (Maine-et-Loire)
Entre fin 2019/début 2020, le site de la future plateforme logistique des « Rittières », commune nouvelle de Verrières-en-Anjou, a suscité une fouille archéologique préventive permettant d’explorer une partie de la pars rustica d’un établissement rural antique occupé entre la seconde moitié du Ier et le milieu du IVe s. Les structures mises au jour se matérialisent par une série de fossés orientés NNE/SSO et ONO/ESE, ainsi que par une dizaine de fosses de rejet, une structure sur poteaux (?) ainsi qu’une « mare » très riche en mobilier (monnaies et objets en fer notamment) et les restes d’un bâtiment rectangulaire sur solins d’environ 80 m2 (annexe à finalité agricole et/ou artisanale ?).
Le mobilier céramique étudié provient du comblement des structures fossoyées pour la partie Haut-Empire et surtout d’une mare qui a livré un ensemble exceptionnel de pièces métalliques et de monnaies du Bas-Empire.
Même si l’établissement gallo-romain n’a pu être appréhendé dans sa totalité, la céramique et le matériel associé permet de dévoiler une partie des activités domestiques du site.

— Paola PUPPO : De la céramique sigillée marbrée sud-gauloise en Ligurie
Au cours des dernières années du règne de Tibère, vers l’an 30, certains artisans actifs à La Graufesenque, tout en restant dans le répertoire formel de la sigillata gauloise lisse, ont décidé de créer des objets innovants caractérisés par une surface marbrée obtenue grâce à l’utilisation d’une peinture jaune mélangée à une peinture rouge. Les argiles utilisées pour obtenir le jaune, qui se distinguent par leur pourcentage élevé de titane (3,9 % de TiO2 contre moins de 0,8 % dans les vernis rouges) et par un pourcentage plus élevé de magnésium (3,6 contre 1,2), ne se trouvent que dans les régions volcaniques. Il est donc probable que les potiers de La Graufesenque aient utilisé la céladonite, l’une des terres vertes utilisées comme pigment pour la peinture murale, qui, extraite des gisements au nord de Millau, arrivait à La Graufesenque par le Tarn pour être purifiée puis commercialisée (Picon 1998).
Les attestations de céramique sigillée marbrée sont plus abondantes à Lyon, en Narbonnaise, et surtout en Espagne et en Italie, où à Ostie, un vase de sigillée marbrée sud-gauloise sur huit est marbrée. La présence de céramique sigillée marbrée sud-gauloise est importante parmi les matériaux de certains contextes dans Turin (Augusta Taurinorum), et en particulier dans les deux grandes décharges pres de murs, où sur un total d’environ 250 fragments de céramique sigillée gauloise datant de l’époque néronienne et flavienne, plus de 50 sont marbrées. En Ligurie, en revanche, la présence de céramique sigillée marbrée est plutôt limitée. Sur la côte ouest, elle est attestée à Vintimille (Albintimilium) dans les remblais du théâtre (avec dix fragments, relatifs à des coupes de forme Drag. 36 inv. 141-TSSG, inv. 552, inv. 82, inv.527-TSSG, Drag. 27 inv. 44-45-472-493-TSSG, Drag. 29 –inv. 121-701 TSSG, un fragment de carène de plat Drag. 15/17 -inv. 723-TSSG); à Albenga, puis à Gênes avec dix exemplaires. Sur la côte orientale, un seul fragment (Var.inv. 156/1) provenant de la Villa del Varignano a été retrouvé. Il s’agit d’une paroi et de bordure avec une longue moulure incurvée, qui correspond à une forme intermédiaire entre les types 24/25 et 38 Drag. À Luni, la céramique sigillée marbrée sud-gauloise est représentée par quinze fragments, dont une coupe à pied annulaire avec le timbre du potier Crucur.
La faible quantité de céramique sigillée marbrée s’explique certainement par le fait que la production de céramique sigillée marbrée de La Graufesenque, datable chronologiquement entre la moitié du Ier et le IIe siècle après J.-C., reste un phénomène secondaire et parallèle à la production d’une énorme quantité de vaisselle rouge, car la fabrication de vases à surface marbrée nécessitait des opérations supplémentaires par rapport à celle des sigillata rouges et l’utilisation de terres différentes; cela entraînait une augmentation des coûts de production qui faisait de la céramique sigillée marbrée sud-gauloise un produit élitiste.

— Marie-Pierre CHAMBON : Quand la vaisselle accompagne les morts : la contribution de la céramique à la connaissance des pratiques funéraires dans les campagnes à la fin de l’Antiquité (IVe-début du Ves..) en région Centre-Val de Loire
Cette communication s’inscrit dans le cadre des travaux menés par le groupe de Recherche AnTaReC (Antiquité tardive en région Centre) autour de la thématique funéraire.
Elle repose sur l’étude de plusieurs nécropoles rurales datées de la fin de l’Antiquité (IVe-premier tiers du Ve s.) découvertes sur l’ensemble du territoire de la région Centre-Val de Loire.
Une sélection de six ensembles de vaisselles funéraires a été retenue pour cette étude. Il s’agira d’examiner la manière dont la vaisselle céramique intervient dans le rituel funéraire à une période où l’inhumation est devenue la pratique dominante.
Nous chercherons à préciser l’origine et les critères de sélection des vases utilisés lors des funérailles et voir s’ils se différencient de la vaisselle en usage dans les contextes domestiques. Au-delà d’une approche strictement céramologique (catalogue typologique, approche catégorielle), nous analyserons la place de ces objets dans la tombe à proximité du défunt, de leur fonction et des éventuels traitements rituels qu’ils ont pu subir.
Cette étude vise plus largement à montrer comment la céramique contribue à la compréhension de l’évolution des gestes funéraires au Bas-Empire, entre la persistance des traditions gallo-romaines héritées des siècles précédents et l’émergence progressive du christianisme. Enfin, nous tenterons de mettre en évidence les similitudes ou les différences des pratiques funéraires observées à l’échelle de ce vaste territoire.

— Philippe BET, Alain WITTMANN, avec la coll. posthume d’Y. Rigoir et d’H. Vertet : La terre sigillée du Bas-Empire de Lezoux
À Lezoux, alors que les officines de terre sigillée ont compté plus d’une centaine de potiers au début du Ier s. apr. J.-C., puis plus d’un millier au cours des deux siècles suivants, la production semble ne plus concerner qu’un nombre restreint d’artisans durant la seconde moitié du IVe et le début du Ve s. Bien que l’abandon de l’estampillage rend leur décompte incertain, l’activité paraît très limitée durant cette période.
Si le répertoire des formes lisses est largement renouvelé, deux types morphologiques créés deux siècles plus tôt demeurent prépondérants : le gobelet Déch. 72 et le mortier Drag. 45. La décoration à la barbotine est exécutée avec maîtrise sur divers vases, et les reliefs d’applique témoignent d’un savoir-faire encore abouti. En revanche, la production moulée se cantonne au vase hémisphérique Drag. 37, faisant de Lezoux l’ultime centre producteur de cette forme dans l’Empire. Toutefois, les schémas décoratifs y sont simplifiés et l’exécution souvent maladroite : les motifs, de petit module et peu détaillés, procèdent fréquemment de surmoulages réalisés à partir de tessons anciens. Ce foyer d’activité tardif semble circonscrit au seul quartier de la « Maison de retraite Mon Repos » au sein du groupe des ateliers de la rue Saint-Taurin, noyau dur de la fabrication de poterie à Lezoux durant l’époque romaine.

— Fabienne GATEAU : Arles (Bouches-du-Rhône), à propos des « alignements » d’amphores en rive droite (Île des Sables et Cimetière de Trinquetaille)
En 1990, une fouille de sauvetage en rive droite d’Arles (l’Ile-des-Sables, resp. Muriel Vecchione) mettait au jour des structures d’amphores qui ont étonné par leur nombre et ont été rapprochées de découvertes plus anciennes. Réalisée dans des conditions difficiles, cette fouille n’a pas fait l’objet d’une publication détaillée, notamment en ce qui concerne le mobilier céramique et amphorique. Cependant, une datation avait été proposée (15-10 avant notre ère). Aujourd’hui, avec l’accord de la responsable de la fouille, il s’agit de reprendre globalement l’étude de ces amphores, mais aussi du mobilier céramique associé, afin d’examiner la question de la chronologie. En effet, alors que des travaux récents (fouille du site de la Verrerie, resp. Marie-Pierre Rothé) indiquent une occupation de la rive droite avant même l’installation de la colonie d’Arles, interroger la datation proposée pour la mise en place de ces « alignements », voisins du site de la Verrerie, motive la reprise de ce dossier.

— Macarena BUSTAMANTE, Adrien MALIGNAS, Albert RIBERA : La céramique des parfumeurs de Pompéi
Les fouilles menées entre 2011 et 2013 par le Centre Jean-Bérard (CJB) de Naples et la Sección de Investigación Arqueológica Municipal (SIAM) de València ont permis de découvrir les plus anciennes installations pompéiennes dédiées à la fabrication de parfums (Reg VII, ins 4, no 26-27-28). Elles sont très bien datées, grâce à divers contextes archéologiques, à partir du milieu du IIe av. J.-C. Cette activité était déjà connue dans ce quartier de la ville au Ier siècle après J.-C., par l’archéologie et l’épigraphie, grâce notamment aux travaux d’A. Maiuri et de J.-P. Brun.
Nous proposons de présenter une série complémentaire chronologiquement, de quatre principaux contextes, en majorité inédits (3 sur 4), des boutiques 27 et 28 de la Via degli Augustali situées en face du macellum. Le plus ancien, datant du milieu du IIe s. av. J.-C., semble marquer le début de la fabrication de parfums dans cette zone (4781 fr., 1072 NMI). Le suivant, datant du dernier quart du IIe s. av. J.-C., est un exemple de gestes particuliers liés à l’abandon d’une structure. Il se compose de plusieurs objets entiers (vernis noir, lagynos hellénistique) déposés au fond d’un bassin de la même parfumerie (1663 fr., 175 NMI). À proximité de ce dernier, un comblement de fosse contemporain, est constituée en grande partie d’unguentaria fusiformes de différentes tailles, dont certains de grandes dimensions (3068 fr, 118 NMI). Pour finir, à la fin du Ier s. av. J.-C., dans la parfumerie mitoyenne, le comblement d’un puits livre un assemblage caractérisé en partie par un lot significatif de pots et de pots perforés 389 fr, 37 NMI). Ces pots horticoles servaient certainement à cultiver des plantes utilisées certainement dans la fabrication des parfums.
Ces différents lots, liés à la fabrication et la distribution de parfum sur plus de deux siècles, permettent de proposer des ensembles de références liés à cette activité.

— Sandrine LINGER-RIQUIER, Ingrid RENAULT, Fanny GAUTHIER : 28 ans après la parution des amphores … les céramiques gauloises de Sainte-Thérèse de Chartres (Eure-et-Loir) !
Les recherches menées en 1998 par M. Poux et H. Sellès sur les amphores italiques du site de C20–Sainte-Thérèse à Chartres ont mis en évidence un ensemble exceptionnel d’amphores Dressel 1, conduisant à l’hypothèse d’un espace dédié au banquet. Cette première approche reposait exclusivement sur l’étude des amphores.
Depuis 2019, le Projet Collectif de Recherche « Origines gauloises de Chartres » a permis la reprise exhaustive du mobilier issu des fouilles anciennes de Sainte-Thérèse (1969–1976), incluant pour la première fois l’analyse complète de la vaisselle céramique gauloise.
Cette communication propose une synthèse renouvelée des assemblages céramiques, de La Tène D1b à la période augusto-tibérienne.

— Wim DE CLERCQ, Tim CLERBAUT, Ward DECRAMER, Alexander DOUCET, Maarten PRAET, Sonja WILLEMS : Un dépotoir rituel de céramiques de l’époque flavienne à Merendree (Deinze, Flandre-Orientale, Belgique)
Lors d’une opération d’archéologie préventive menée en zone périphérique du vicus gallo-romain de Merendree, un ensemble céramique datant de l’époque flavienne a été mis au jour. Il avait été déposé d’un seul tenant sur le rebord d’une dépression du paysage. Au regard de sa localisation, de sa composition typologique et des modalités de traitement des pièces, l’hypothèse d’un caractère rituel doit être privilégiée.
L’ensemble réunit près de 200 individus, dont la majorité est (archéologiquement) complète. Plus de la moitié des vases correspondent à des plats en terra nigra ou en céramique fine sombre. Un tiers est constitué de gobelets relevant des mêmes catégories, principalement de petits formats. Au sein de ces groupes, on observe une forte homogénéité tant du point de vue des types que des pâtes, avec une forte dominance de formes issues d’ateliers du Nord de la France. D’autres catégories ne sont présentes qu’en proportions limitées. La sélection volontaire d’assiettes et de petits gobelets, ainsi que la grande uniformité interne de ces lots, renforcent l’interprétation événementielle et rituelle. Plusieurs récipients portent des traces de perforations intentionnelles, dont il peut être démontré qu’elles ont été réalisées sur place ou peu avant la déposition. L’ensemble s’inscrit dans la lignée de quelques dépôts céramiques comparables, interprétés comme rituels, connus en Belgique et dans le Nord de la France, tout en s’en distinguant partiellement par la préférence marquée pour certaines formes et par sa position périphérique dans le paysage et dans l’ensemble du site.

— Guillaume FLORENT, Éric BINET : La céramique de l’agglomération secondaire de Vendeuil-Caply (Oise) du début du Ier à la fin du IIIe s.
Vendeuil-Caply est une agglomération située dans l’Oise, entre Amiens et Beauvais. Les ensembles analysés proviennent essentiellement d’un secteur d’habitat ou de commerce dont la fouille a été entreprise en 2024 et poursuivie en 2025, sous la direction d’Éric Binet.
Le corpus analysé n’est pas négligeable puisqu’il atteint 27594 restes et correspond à un intervalle chronologique compris entre le début du Ier s. apr. J.-C. et la fin du IIIe s. La sériation appliquée aux ensembles clos et présentant donc les meilleurs garanties pour l’établissement d’une chronologie fiable permet de proposer un découpage en six étapes de l’évolution de la céramique de Vendeuil-Caply. Cette approche conforte les propositions avancées par nos prédécesseurs pour ce qui concerne la chronologie du Ier s. et de la première moitié du IIe s., mais contredit la vision développée jusqu’alors d’une continuité de la formation des dépôts céramique entre la fin du IIe s. et la fin du IIIe s. Ce qui apparaît dès lors c’est l’image d’une histoire matérielle « trouée » et discontinue pour la fin du Haut-Empire et un nécessaire recours aux vieillissements des datations traditionnellement avancées dans ce secteur de la Picardie.
Après une rapide présentation de chaque étape chronologique, l’objectif visé au cours de la communication envisagée sera d’établir des comparaisons avec la céramique d’autres villes antiques voisines et en particulier celles d’Amiens et d’Eu (Briga). Notre intention est de déterminer quelles sont les modalités d’approvisionnement de ces différents centres urbains en céramique et de mesurer en quoi elles diffèrent. L’expression d’un regard neuf sur la détermination de la fonction des récipients à partir de l’examen des traces d’usage sera également abordé.


POSTERS

— Philippe BET, Stéphanie RAUX, Michel PERRON d’ARC, Nouvelles considérations sur le médaillon de Cavillargues (Gard)
Découvert fortuitement en 1845 et publié dès 1851, le médaillon de Cavillargues est une pièce rare conservée au musée archéologique de Nîmes. Sa datation (IIe s. apr. J.-C.) et son authenticité n’ont jamais été remises en cause, malgré son statut d’hapax et ses caractéristiques exceptionnelles.
Identifié comme un relief d’applique de la vallée du Rhône destiné à orner la panse d’une cruche, il présente un diamètre imposant de 160 mm, certainement l’un des plus grands de sa catégorie.
La scène figure l’affrontement de deux gladiateurs sur une rampe inclinée : à droite, un secutor s’engage sur la structure, barré par un rétiaire. À leurs côtés, des assistants présentent des pancartes révélant leurs noms et palmarès : Eros (15 victoires) et Xantus (16 victoires), tous deux membres de la même équipe (CAES). Le second plan montre deux arbitres présumés, l’un tenant le rudis, tandis qu’au dernier plan, quatre personnages surplombent la scène. L’inscription STANTES MISSI (« renvoyés debout ») conclut l’affrontement sur une note de vaillance partagée.
Si cette iconographie exhaustive est unique, elle présente toutefois des points communs avec un exemplaire en céramique sigillée claire B des collections du musée d’Arles, sur lequel le rétiaire Thelonicus l’emporte sur Sedulus (Rivet, Saulnier 2016, n° 74).
Mais elle offre aussi une corrélation troublante avec un moule en plâtre et un vase porteur d’un médaillon très semblable conservés à Millau, et faisant partie des productions d’Antoine-Eugène Constans, potier millavois né en 1815 et décédé en1892. Si la comparaison des motifs et des bulles de moulage montre quelques minimes différences entre les trois objets (moule, tirage de Millau et médaillon de Cavillargues), l’analyse métrologique reste révélatrice : le diamètre du moule (175 mm) correspond parfaitement, après application du coefficient de retrait de séchage et de cuisson d’environ 10 %, aux 160 mm du médaillon gardois. Puisque le moule est plus grand que le relief final, l’hypothèse d’un surmoulage moderne à partir de l’antique, postérieur à sa mise au jour, est exclue. Inversement, le « médaillon de Cavillargues » pourrait-il faire partie des productions de l’atelier Constans ? Un réexamen détaillé des différentes pièces permettra peut-être d’apporter des éléments de réponse et mettra en lumière, à tout le moins, l’impact des découvertes archéologiques du XIXe siècle sur les productions potières contemporaines.

— Alix FOURRÉ, avec la coll. d’E. ROUX-CAPRON, Découverte de barillets en terre cuite à la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret)
En 2022, lors d’une fouille archéologique préventive effectuée à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) à 3 km à l’ouest de la ville d’Orléans, une cave a été fouillée dans la pars rustica d’une villa romaine (Roux-Capron, Villenave à paraître). Construite au milieu du IIe s. apr. J.-C., elle est abandonnée, puis détruite par un incendie. Le mobilier découvert est très abondant et de toute nature, il provient quasi-exclusivement des déblais de démolitions qui ont été jetés dans la cave pour la combler.
Au sein de ce comblement, un abondant mobilier céramique a été mis au jour. Il se compose de 3028 restes de céramique pour un minimum de 101 individus. Parmi les nombreuses formes typologiques identifiées, deux vases ont attiré notre attention de par leur caractère rare et inédit. Il s’agit de deux céramiques en terre cuire dont la forme est semblable aux flacons en verre de type barillet bien connus en Normandie et dans le nord de la France (Adrian 2019, 55-77).
Au sein de ce poster et lors de la publication qui fera suite dans les actes, nous présenterons ces vases et feront un inventaire des exemplaires connus dans la partie septentrionale de la Gaule. L’objectif étant de faire une synthèse des connaissances sur ce type de vase.

— Anne AHÜ-DELOR, Johann BLANCHARD, Découverte d’un atelier de production céramique à Saint-Pathus (Seine-et-Marne)
Cet atelier de production de céramique commune et fine a été découvert lors d’un diagnostic en décembre 2025 dans le nord de la Seine-et-Marne à Saint-Pathus. Même s’il devrait être prescrit par le SRA, sa fouille reste peu probable – l’aménageur retirant probablement son projet.
Ces sondages ont permis la mise au jour de trois fours, de dépotoirs et d’une fosse de tournage ; l’ensemble des structures est scellé par une couche de sédiments tardoantique. Cet atelier, encore en cours d’étude, s’inscrit dans un environnement archéologique dense et donc la publication de sa typologie et ses caractéristiques techniques, même partielles, parait pertinente.

— Anne AHÜ-DELOR, Céline BON, Carole FOSSURIER, Loïc GAÉTAN, Quand les os manquent : explorer le potentiel génétique de la céramique funéraire
À l’instar des résultats des analyses métabolomiques qui mettent en évidence les marqueurs moléculaires des matières contenus dans les poteries, la porosité des vases en terre cuite ayant accueilli les dépouilles d’enfants morts avant terme ou autour de la naissance est susceptible, en théorie, d’avoir piégé de l’ADN humain ancien.
La fouille de la nécropole antique de périnataux en vase (enchytrismes), fouillée en 2024 Place du Maréchal Leclerc à Auxerre (Yonne, 89), offert l’opportunité de tester cette hypothèse.
Deux phases d’analyses ont été menées : la phase initiale du projet vise à déterminer si l’ADN ancien est préservé sur le site et si de l’ADN humain peut être transféré et conservé dans la céramique après la décomposition du squelette, et quelles informations complémentaires ce matériel peut-il apporter. La seconde phase de l’essai recherche de l’ADN humain dans des vases similaires, déposés dans l’espace funéraire et selon des modalités identiques, mais « vides » à la fouille, avec pour hypothèse le dépôt initial d’un foetus non conservé ou d’un placenta. Cette contribution propose de préciser le protocole mis en oeuvre et les premiers résultats qui démontrent la faisabilité et la pertinence de cette approche.

— Alba Antía RODRÍGUEZ NOVOA, Roberto Bartolomé ABRAIRA, Adolfo FERNÁNDEZ FERNÁNDEZ, La céramique de deux villae maritimes de la Gallaecia atlantique entre le IVe et le VIe s. : les cas de Mourisca et Noville
La villa de Mourisca est située dans la ria de Vigo (sud de la Galice), tandis que celle de Noville se trouve dans la ria de Mugardos (nord de la Galice).
Les deux villas présentent des niveaux d’occupation du haut empire. Cependant, elles ont toutes deux été occupées à la fin de l’Antiquité. La nouveauté de ces deux sites réside dans le fait qu’en plus des céramiques des IVe et Ve siècles, ils contiennent également des céramiques du VIe siècle. Cela est inhabituel dans les villas de Galice, car celles-ci sont généralement abandonnées au milieu du Ve siècle.
Dans le poster, nous présenterons de manière contextualisée les ensembles céramiques des deux villae (vaisselle fine, amphores et céramiques communes et de cuisine). Les matériaux proviennent de nos propres fouilles sur les deux sites et d’anciennes fouilles.
Les ensembles se caractérisent par de la vaisselle importée de Méditerranée : ARS et LRC ; de la vaisselle de production régionale comme la TSHT ; des amphores africaines, orientales, hispaniques et régionales ; des céramiques de cuisine régionales comme les CMTI et d’autres productions locales.
Les deux sites sont des points stratégiques pour la connaissance du commerce atlantique à la fin de l’Antiquité et de ses relations directes avec d’autres territoires, comme par exemple la façade atlantique de la France.

— Albert MARTÍN MENÉNDEZ, Jordi ALEMANY JOAQUINA, Las ánforas y otros materiales del pecio Pla de Tudela 2 (Cadaqués, Girona)
Cette épave a été répertoriée en 1992 en raison de la présence d’une quantité notable d’amphores Dressel 1A et 1C conservées dans certaines collections privées de la région de l’Alt Empordà qui avaient été déclarées à l’administration en 1988. La collaboration des propriétaires de ces objets et de certains des plongeurs qui les ont extraits dans les années 70 et 80 du XXe siècle a été fondamentale pour déterminer la provenance de ces pièces et l’emplacement précis de l’épave. À l’heure actuelle, on recense environ 70 amphores provenant de ce site et une quinzaine de vases à vernis noir, mais malheureusement, seules certaines de ces pièces ont pu être étudiées en détail, les autres n’étant accessibles que par photographie ou simple consultation visuelle. Le présent travail se concentre sur une douzaine d’amphores et sur les pièces à vernis noir les mieux connues ou celles qui ont pu être dessinées.

— Bertrand HOUIX, Une belle coupe à vin d’une maison de Villevieille antique (Gard)
Le poster, correspondant à un article court, sera focalisé sur la présentation d’une coupe en sigillée sud-gauloise de type Dragendorff 37, dont la séquence décorative, limitée vers le haut par une ligne torsadée ponctuée de boutons floraux, est soulignée par une guirlande et s’organise en panneaux. Certains poinçons sont attestés sur des productions de l’officine de Banassac.

— Bertrand HOUIX, Aspects du vaisselier dans le quartier des Terriers à l’époque augustéenne sur l’agglomération antique de Villevieille (Gard)
Le poster présente trois assemblages (11988 tessons au total) qui s’échelonnent entre 40 av. n.è. et 25 de n.è. Les céramiques fines incluent des productions tardo-républicaines, ayant pu servir jusqu’à l’époque augustéenne. Celle-ci se manifeste d’abord par la sigillée italique, avec des productions à pâte claire engobée, puis par des formes anciennes en sigillée sud-gauloise accompagnées de parois fines.
La vaisselle culinaire comprend encore des céramiques modelées. Les mortiers sont de provenance italique ou régionale à pâte calcaire, catégorie qui fournit aussi divers vases à liquide. Les communes tournées sont dans la continuité des modelées, mais le répertoire se diversifie rapidement.
Sur ce site occupé de longue date, les restes d’amphores de la péninsule italique abondent et l’arrivage d’amphores de Bétique, de Tarraconaise et surtout de Narbonnaise apporte de bons repères chronologiques. Les lots seront mis en parallèle à d’autres étudiés sur des sites voisins, en particulier Ambrussum et Nages.

— Laetitia CAVASSA, Guillaume DUPERRON, Marie-Pierre ROTHÉ, Claudio CAPELLI, De la ceramica fiammata à Arelate : premières données sur la diffusion d’une production sarde en Gaule
Le site de la Verrerie de Trinquetaille à Arles, occupé du Ier s. av. J.-C. au Ve s. apr. J.-C., a fait l’objet d’une fouille programmée entre 2014 et 2017 sous la direction de M.-P. Rothé (MdAA). Les niveaux datés entre la fin du IIe et le IVe siècle ont livré un abondant mobilier céramique, dont l’étude a permis d’identifier une quarantaine de fragments de céramique à pâte calcaire portant des décors peints d’ondes de couleur bordeaux. Ceux-ci peuvent être attribués à la production appelée ceramica fiammata, dont les ateliers sont situés dans le sud de la Sardaigne et auraient fonctionné à partir de la fin du IIe s. Le répertoire de cette catégorie est composé de cruches, amphorettes de table et jattes. La diffusion de cette production est encore mal évaluée : si les attestations en Sardaigne sont nombreuses, les mentions hors de l’île sont plus rares (Ostie, Corse) et les exemplaires mis au jour à Arles constituent à notre connaissance sa première attestation en Gaule.
L’objectif de ce poster est de proposer un état des connaissances sur cette production (typologie, pétrographie, diffusion) et de présenter les découvertes arlésiennes inédites. Il permettra ainsi de faire connaître ces céramiques sardes à la communauté archéologique régionale, afin de faciliter leur identification puisque l’on sait désormais qu’elles sont susceptibles d’atteindre le littoral gaulois.

— Barbara LHÉRITIER, Richard DELAGE, Dominique POUILLE, Dépotoir domestique de céramiques de la fin du IIe s. à Surzur (Morbihan)
Le dépotoir, découvert à proximité de la médiathèque de Surzur, a révélé un lot de céramique dans un bon état de conservation, correspondant à une poubelle domestique. La majorité de ce mobilier est composée de céramique commune de mode B. Toutefois, ce lot comporte aussi d’autres productions locales telles que des céramiques communes de mode A et des céramiques fines de mode B. Nous attestons aussi des productions d’importations comme les sigillées, néanmoins minoritaires. Les céramiques les plus importantes de ce dépotoir relèvent de productions locales datant de la fin du IIe siècle apr. J.-C.

– Stéphane DUBOIS, Estampilles sur mortiers découvertes au chef-lieu de la cité des Séquanes (Besançon, Doubs)
Les fouilles bisontines ont livré une douzaine d’estampilles sur mortiers, dont deux seulement sont signalées, sans illustration, dans le CIL. Conservées au musée local, elles ont pu être illustrées et relèvent de deux potiers inconnus par ailleurs, Minutus et Ritumarus. Des fouilles récentes ont permis d’identifier d’autres artisans régionaux encore inconnus, Augustinus, Cintusmus et ]ato (Cato ?), sur un type de mortier propre aux territoires séquane et rauraque.
D’autres marques illustrent des apports extérieurs. L’Étrurie est représentée par deux exemplaires Dramont D2, l’un fabriqué autour de Bomarzo et Mugnano sur le territoire municipal de Statonia (figlina Domitiana), l’autre de provenance précise encore inconnu (gens Tettia). Les autres estampilles exogènes appartiennent aux Gratii d’Aoste (colonie de Viennoise) et probablement à Paternos de l’atelier éduen de Coulanges, élargissant la zone de diffusion de ces ateliers au territoire séquane.

— Virginie ARNOLD, La vaisselle céramique du Haut-Empire à Besançon (Doubs) : première synthèse typo-chronologique
Vesontio, capitale des Séquanes, présente des lacunes en céramologie pour le Haut-Empire malgré l’intensité des recherches en archéologie préventive depuis les années 1980. Une étude du mobilier céramique issu de cinq contextes clos de la fouille de la ZAC Pasteur (2011) a été menée dans le cadre d’un travail de master. Les ensembles étudiés ont permis d’établir une première synthèse de l’évolution de la vaisselle céramique entre le dernier tiers du Ier siècle et la première moitié du IIIe siècle. L’analyse réalisée combine des approches techniques, morphologiques et quantitatives, ainsi qu’une attention particulière aux groupes de pâtes. Le Ier siècle est marqué par l’introduction et le développement de formes inspirées du répertoire italique, tandis que le IIe siècle montre une diversification de la céramique sigillée gauloise et du service culinaire. Au IIIe siècle apparaissent les parois-fines à revêtement argileux ainsi qu’un service de marmites et de plats.

— Allard MEES, Florian THIERY, Barbara PFERDEHIRT, Dater la conquête romaine de la Germanie avec la sigillée ? Méthodiques numériques pour classifier chronologiquement les « services » I-II de sigillée arétine
Les types de vases en terra sigillée arétine étaient déjà produit en manière standardisés dans l’Antiquité avec l’introduction des « services » (similaires aux porcelaines Wedgwood ou Meißener modernes). Cependant, l’apparition et la disparition de ces « services » (services I et II et leurs variantes) ont toujours laissé supposer l’existence d’une chronologie des sites militaires du Limes germanique occupés temporairement, suggèrent que la production des vases du service I pourrait avoir débuté avant celle du service II. Comme les occurrences dans ces sites datés n’ont jamais été quantifiées, la traçabilité et la vérifiabilité de ces hypothèses restent très limitées. De plus, l’absence d’approches ouvertes et conformes aux principes FAIR (« Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisables ») freine l’approfondissement des méthodes permettant de déterminer si ce matériau se prête à des études chronologiques vérifiables de la conquête romaine de la nouvelle province Magna Germania dans l’époque Augustéenne.