Appel à communications / Call for Proposals :
Conserver les liquides : adaptations, circulations, interférences (Paris, 3 et 4 décembre 2026)
Conserving Liquids: Adaptation, Circulation, Interferences (Paris, December 3rd and 4th 2026)
GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » du CNRS ( https://tph.hypotheses.org/ ), en collaboration avec le Musée des arts et métiers (MuAM)
Argumentaire
Contenir les liquides ou les fluides pour les conserver, les transporter, mais aussi pour les faire « maturer », les bonifier ou les transformer est un défi technique relevé depuis l’Antiquité en utilisant des matériaux très divers : céramique, bois, verre, métal, carton, peau, etc. À la diversité des matières employées pour fabriquer les contenants s’ajoute la multiplicité des liquides conditionnés : eau, lait, huile, boissons alcoolisées, parfum, miel, poix, engrais, etc. Au croisement de ces objets et produits, la problématique du rapport entre contenant et contenu constitue un sujet qui peut être qualifié de classique, notamment traité au prisme de la qualité ou de l’origine pour définir des courants commerciaux, voire des modes.
Ce colloque propose de renouveler ces approches par une exploration du rapport entre contenants et liquides contenus, en focalisant le propos sur les techniques, afin de faire ressortir les transversalités présentes dans la longue histoire des procédés employés ou réemployés pour contenir les liquides, voire les simultanéités et les innovations, mais aussi les succès et les échecs de leur conservation et transport. Ce traitement du sujet par le biais de l’histoire des techniques appelle des propositions variées mobilisant l’histoire, l’histoire des sciences et des techniques, l’archéologie et l’archéométrie, dans une perspective souvent interdisciplinaire, parfois diachronique.
L’objet de ce colloque est de confronter plusieurs cas de figure dans leur diversité de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Le thème amène à considérer les adaptations des formes ou des matériaux du contenant, au contenu et aux usages (domestiques, scientifiques, commerciaux, métrologiques, cultuels, médicaux, etc.). Quelles contraintes de transport et de conservation sont imposées par un liquide considéré comme précieux, rare, pur, thérapeutique, coûteux, corruptible, toxique ou explosif ? En quoi le choix ou la réutilisation des contenants influencent-t-ils les usages, la commercialisation et la consommation de certains liquides ? Quels savoirs entrent en jeu dans l’élaboration de nouveaux contenants ? Comment la conciliation de fonctions distinctes (conservation, transport, mesure notamment) s’est-elle traduite dans les choix techniques ? Les techniques de fabrication des objets ne peuvent être exclues, car elles sont susceptibles de participer aux interactions qui s’opèrent entre le contenant et le contenu. Plus largement, l’étude de la conservation des liquides, en particulier dans sa matérialité, amène l’historien.ne, l’archéologue ou l’archéomètre à mettre en évidence les milieux et des circulations techniques dans la longue durée. Les infrastructures et les périodes préhistoriques, quoiqu’aussi concernées par ce sujet, ne seront pas traitées dans ce colloque.
Ce colloque est organisé par le GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » du CNRS ( https://tph.hypotheses.org/ ) qui rassemble 22 laboratoires en France et à l’international, 6 structures patrimoniales et 223 chercheur.e.s, et entend développer les approches historiques des techniques dans le cadre des interactions interdisciplinaires, transpériodiques et transnationales. La locution « dans l’histoire » est le signe que nous prenons nos distances avec une approche disciplinaire étroite : nos objets d’étude appartiennent au passé, mais la discipline ne se limite pas à l’histoire. L’archéologie, les sciences sociales (dont l’anthropologie), la philosophie, l’épistémologie, la muséologie ainsi que les sciences expérimentales et les sciences de l’ingénieur construisent le champ de recherche appelé histoire des techniques.
Scientific Summary
Containing liquids or fluids for preservation, transport, but also to « mature, » improve, or transform them, is a technical challenge which has been met since antiquity using a wide variety of materials: ceramics, wood, glass, metal, cardboard, leather, etc. Adding to the diversity of materials used to make containers is the multitude of liquids packaged therein: water, milk, oil, alcoholic beverages, perfume, honey, pitch, fertilizers, etc. At the intersection of these objects and products, the relationship between container and contents is a classical object of study, often addressed through the lens of quality or origin to define commercial trends, or even fashions.
This symposium proposes to renew these approaches by exploring the relationship between containers and contents with a focus on techniques. We aim to highlight the commonalities present in the long history of processes used to contain liquids, study simultaneous occurrences and innovations, as well as the many successes and failures in the preservation and transport of liquids. This approach through the lens of the history of technology calls for a variety of proposals, drawing on history, the history of science and technology, archaeology, and archaeometry, often from an interdisciplinary, sometimes diachronic perspective.
The aim of this symposium is to examine several case studies from Antiquity to the present day. The theme leads us to consider the adaptations of container forms or materials to their contents and uses (domestic, scientific, commercial, metrological, religious, medical, etc.). What transportation and preservation constraints are imposed by a liquid considered to be precious, rare, pure, therapeutic, expensive, corruptible, toxic, or explosive? How does the choice or reuse of containers influence the uses, marketing, and consumption of certain liquids? What knowledge is involved in the development of new containers? How did the existence of distinct functions (preservation, transport, and measurement, in particular) translate into technical choices? The manufacturing techniques of objects cannot be excluded from analysis, as they contributed to the interactions between container and contents. More broadly, the study of liquid preservation, especially its material aspects, leads historians, archaeologists, and archaeometrists to highlight environments and technical exchanges over long periods. Infrastructure and prehistoric periods, although also relevant to this topic, will not be addressed in this conference.
This symposium is organized by the GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » (Techniques and Production in History) of the CNRS (https://tph.hypotheses.org/), which brings together 22 French and international laboratories, 6 heritage institutions, and 223 researchers. It aims to develop historical approaches to techniques within the framework of interdisciplinary, transperiodical, and transnational interactions. The mention « dans
l’histoire » (« in history ») indicates that we are distancing ourselves from a narrow disciplinary approach: our objects of study belong to the past, but the discipline is not limited to history. Archaeology, the social sciences (including anthropology), philosophy, epistemology, museology, as well as experimental sciences and engineering sciences all contribute to the research field known as the history of techniques.
Participation
Pour soumettre une proposition de communication, veuillez envoyer avant le 1er juin 2026 à l’adresse collfluidegdrtph@gmail.com (en français ou en anglais) :
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Titre de la communication, auteur(s) et affiliation(s).
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Résumé de la communication (entre 250 et 300 mots).
To submit a proposal, please send before June 1st, 2026, to the following address collfluidegdrtph@gmail.com (in French or in English):
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Title of the proposal, author(s), and affiliation(s).
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Proposal abstract (between 250 and 300 words).
Comités / Committees/ Comité d’organisation / Organising committee
Lisa Caliste (TRACES, Service Connaissance et Inventaire du Patrimoine, Région Occitanie)
Armel Cornu (SPHERE, Université d’Uppsala – Université Paris Cité)
Gaspard Pagès (CNRS – Institut Français du Proche-Orient)
Comité scientifique / Scientific Committee
Özge Bozkurtoğlu (Orient & Méditerranée, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne)
Didier Boisseuil (GrHis, Université de Rouen)
Guillaume Carnino (Costech – Université de technologie de Compiègne)
Anne-Laure Carré (Musée des arts et métiers, MuAM)
Grégory Chambon (ANHIMA, EHESS)
Erica Champeau (Mines d’histoire)
Alexandre Disser (CNRS – IRAMAT)
Jean-Marc Dorey (Société d’encouragement pour l’industrie nationale)
Jean-Pierre Guilhembet (ANHIMA, Université Paris Cité)
Liliane Hilaire-Pérez (ECHELLES/CAK, Université Paris Cité – EHESS)
Olivier Labat (Musée des arts et métiers, MuAM)
Jérôme Lamy (CNRS – CESSP – EHESS)
Catherine Lanoë (DYPAC, université Versailles Saint-Quentin)
Jordi Mach (ArScAn – Université Paris 8)
Anaël Marrec (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains)
Inès Pactat (TRACES, Université Toulouse Jean Jaurès)
Loïc Petitgirard (HT2S, Conservatoire national des arts et métiers)
Mélanie Traversier (HARTIS, Université de Lille)
Catherine Verna (ArScAn, Université Paris 8)