Tracéologie et usages des céramiques archéologiques (3-4 juin 2026)

Journées d’étude :

Tracéologie et usages des céramiques archéologiques : études de cas et perspectives
3 et 4 juin 2026

Toulouse – Campus de l’Université Jean Jaurès
Maison de la recherche, salle D30 (rez-de-chaussée)
5 allée Antonio Machado – 31100 Toulouse
Métro A / bus 14 (station Mirail-Université)
Entrée libre et gratuite
Contact : traceo_ceramique@archeodunum.fr

PROGRAMME – AFFICHE

Appel à communication : Conserver les liquides : adaptations, circulations, interférences (Paris, 3 et 4 décembre 2026)

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Appel à communications / Call for Proposals :

Conserver les liquides : adaptations, circulations, interférences (Paris, 3 et 4 décembre 2026)
Conserving Liquids: Adaptation, Circulation, Interferences (Paris, December 3rd and 4th 2026)
GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » du CNRS ( https://tph.hypotheses.org/ ), en collaboration avec le Musée des arts et métiers (MuAM)

 

Argumentaire
Contenir les liquides ou les fluides pour les conserver, les transporter, mais aussi pour les faire « maturer », les bonifier ou les transformer est un défi technique relevé depuis l’Antiquité en utilisant des matériaux très divers : céramique, bois, verre, métal, carton, peau, etc. À la diversité des matières employées pour fabriquer les contenants s’ajoute la multiplicité des liquides conditionnés : eau, lait, huile, boissons alcoolisées, parfum, miel, poix, engrais, etc. Au croisement de ces objets et produits, la problématique du rapport entre contenant et contenu constitue un sujet qui peut être qualifié de classique, notamment traité au prisme de la qualité ou de l’origine pour définir des courants commerciaux, voire des modes.
Ce colloque propose de renouveler ces approches par une exploration du rapport entre contenants et liquides contenus, en focalisant le propos sur les techniques, afin de faire ressortir les transversalités présentes dans la longue histoire des procédés employés ou réemployés pour contenir les liquides, voire les simultanéités et les innovations, mais aussi les succès et les échecs de leur conservation et transport. Ce traitement du sujet par le biais de l’histoire des techniques appelle des propositions variées mobilisant l’histoire, l’histoire des sciences et des techniques, l’archéologie et l’archéométrie, dans une perspective souvent interdisciplinaire, parfois diachronique.
L’objet de ce colloque est de confronter plusieurs cas de figure dans leur diversité de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Le thème amène à considérer les adaptations des formes ou des matériaux du contenant, au contenu et aux usages (domestiques, scientifiques, commerciaux, métrologiques, cultuels, médicaux, etc.). Quelles contraintes de transport et de conservation sont imposées par un liquide considéré comme précieux, rare, pur, thérapeutique, coûteux, corruptible, toxique ou explosif ? En quoi le choix ou la réutilisation des contenants influencent-t-ils les usages, la commercialisation et la consommation de certains liquides ? Quels savoirs entrent en jeu dans l’élaboration de nouveaux contenants ? Comment la conciliation de fonctions distinctes (conservation, transport, mesure notamment) s’est-elle traduite dans les choix techniques ? Les techniques de fabrication des objets ne peuvent être exclues, car elles sont susceptibles de participer aux interactions qui s’opèrent entre le contenant et le contenu. Plus largement, l’étude de la conservation des liquides, en particulier dans sa matérialité, amène l’historien.ne, l’archéologue ou l’archéomètre à mettre en évidence les milieux et des circulations techniques dans la longue durée. Les infrastructures et les périodes préhistoriques, quoiqu’aussi concernées par ce sujet, ne seront pas traitées dans ce colloque.
Ce colloque est organisé par le GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » du CNRS ( https://tph.hypotheses.org/ ) qui rassemble 22 laboratoires en France et à l’international, 6 structures patrimoniales et 223 chercheur.e.s, et entend développer les approches historiques des techniques dans le cadre des interactions interdisciplinaires, transpériodiques et transnationales. La locution « dans l’histoire » est le signe que nous prenons nos distances avec une approche disciplinaire étroite : nos objets d’étude appartiennent au passé, mais la discipline ne se limite pas à l’histoire. L’archéologie, les sciences sociales (dont l’anthropologie), la philosophie, l’épistémologie, la muséologie ainsi que les sciences expérimentales et les sciences de l’ingénieur construisent le champ de recherche appelé histoire des techniques.
Scientific Summary
Containing liquids or fluids for preservation, transport, but also to « mature, » improve, or transform them, is a technical challenge which has been met since antiquity using a wide variety of materials: ceramics, wood, glass, metal, cardboard, leather, etc. Adding to the diversity of materials used to make containers is the multitude of liquids packaged therein: water, milk, oil, alcoholic beverages, perfume, honey, pitch, fertilizers, etc. At the intersection of these objects and products, the relationship between container and contents is a classical object of study, often addressed through the lens of quality or origin to define commercial trends, or even fashions.
This symposium proposes to renew these approaches by exploring the relationship between containers and contents with a focus on techniques. We aim to highlight the commonalities present in the long history of processes used to contain liquids, study simultaneous occurrences and innovations, as well as the many successes and failures in the preservation and transport of liquids. This approach through the lens of the history of technology calls for a variety of proposals, drawing on history, the history of science and technology, archaeology, and archaeometry, often from an interdisciplinary, sometimes diachronic perspective.
The aim of this symposium is to examine several case studies from Antiquity to the present day. The theme leads us to consider the adaptations of container forms or materials to their contents and uses (domestic, scientific, commercial, metrological, religious, medical, etc.). What transportation and preservation constraints are imposed by a liquid considered to be precious, rare, pure, therapeutic, expensive, corruptible, toxic, or explosive? How does the choice or reuse of containers influence the uses, marketing, and consumption of certain liquids? What knowledge is involved in the development of new containers? How did the existence of distinct functions (preservation, transport, and measurement, in particular) translate into technical choices? The manufacturing techniques of objects cannot be excluded from analysis, as they contributed to the interactions between container and contents. More broadly, the study of liquid preservation, especially its material aspects, leads historians, archaeologists, and archaeometrists to highlight environments and technical exchanges over long periods. Infrastructure and prehistoric periods, although also relevant to this topic, will not be addressed in this conference.
This symposium is organized by the GDR 2092 TPH « Techniques et production dans l’histoire » (Techniques and Production in History) of the CNRS (https://tph.hypotheses.org/), which brings together 22 French and international laboratories, 6 heritage institutions, and 223 researchers. It aims to develop historical approaches to techniques within the framework of interdisciplinary, transperiodical, and transnational interactions. The mention « dans
l’histoire » (« in history ») indicates that we are distancing ourselves from a narrow disciplinary approach: our objects of study belong to the past, but the discipline is not limited to history. Archaeology, the social sciences (including anthropology), philosophy, epistemology, museology, as well as experimental sciences and engineering sciences all contribute to the research field known as the history of techniques.

Participation
Pour soumettre une proposition de communication, veuillez envoyer avant le 1er juin 2026 à l’adresse collfluidegdrtph@gmail.com (en français ou en anglais) :

Titre de la communication, auteur(s) et affiliation(s).

Résumé de la communication (entre 250 et 300 mots).
To submit a proposal, please send before June 1st, 2026, to the following address collfluidegdrtph@gmail.com (in French or in English):

Title of the proposal, author(s), and affiliation(s).

Proposal abstract (between 250 and 300 words).

 

Comités / Committees/ Comité d’organisation / Organising committee
Lisa Caliste (TRACES, Service Connaissance et Inventaire du Patrimoine, Région Occitanie)
Armel Cornu (SPHERE, Université d’Uppsala – Université Paris Cité)
Gaspard Pagès (CNRS – Institut Français du Proche-Orient)
Comité scientifique / Scientific Committee
Özge Bozkurtoğlu (Orient & Méditerranée, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne)
Didier Boisseuil (GrHis, Université de Rouen)
Guillaume Carnino (Costech – Université de technologie de Compiègne)
Anne-Laure Carré (Musée des arts et métiers, MuAM)
Grégory Chambon (ANHIMA, EHESS)
Erica Champeau (Mines d’histoire)
Alexandre Disser (CNRS – IRAMAT)
Jean-Marc Dorey (Société d’encouragement pour l’industrie nationale)
Jean-Pierre Guilhembet (ANHIMA, Université Paris Cité)
Liliane Hilaire-Pérez (ECHELLES/CAK, Université Paris Cité – EHESS)
Olivier Labat (Musée des arts et métiers, MuAM)
Jérôme Lamy (CNRS – CESSP – EHESS)
Catherine Lanoë (DYPAC, université Versailles Saint-Quentin)
Jordi Mach (ArScAn – Université Paris 8)
Anaël Marrec (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains)
Inès Pactat (TRACES, Université Toulouse Jean Jaurès)
Loïc Petitgirard (HT2S, Conservatoire national des arts et métiers)
Mélanie Traversier (HARTIS, Université de Lille)
Catherine Verna (ArScAn, Université Paris 8)

VIII CONGRESO INTERNACIONAL DE LA SECAH 10.06-13.06.2026

La Sociedad de Estudios de la Cerámica Antigua en Hispania (SECAH) celebra su VIII Congreso Internacional, que tendrá lugar entre el 10 y el 13 de junio del año 2026 en Ourense y Lugo, con el título:

Producción, distribución y consumo de cerámicas en los territorios Atlánticos de la Península Ibérica (s. IV a.C. – s. VII d.C.)

FACEM – 9e édition

Dear colleagues,

 

We proudly announce the ninth edition of FACEM (www.facem.at)!

This edition contains several articles on the composition of coarse pottery from southern Lazio, Italy, dating from the 4th to the 1st centuries BC. There is also a contribution on an Archaic composition of architectural terracotta produced in Syracuse.

More news is that, since 2024, together with the IT-Support for Research, University of Vienna, new software has been developed that allows FACEM to comply with the FAIR principles. Furthermore, while retaining the acronym, the name « Fabrics of the Central Mediterranean » has been changed to « Fabrics of Ancient Ceramics in the Mediterranean » due to the planned expansion of ceramic fabrics beyond the original chronological and geographical scope of the database.

 

The FACEM editorial team (names in alphabetical order)

Babette Bechtold, Barbara Borgers, Verena Gassner, and Carina Hasenzagl

 

Cari colleghi,

siamo lieti di annunciare la nona edizione di FACEM (www.facem.at)!

Questa edizione contiene diversi articoli sulla composizione della ceramica grezza proveniente dal Lazio meridionale, in Italia, risalente al IV-I secolo a.C. È presente anche un contributo su una composizione arcaica di terracotta architettonica prodotta a Siracusa.

Un’altra novità è che, dal 2024, è stato sviluppato un nuovo software che consente a FACEM di conformarsi ai principi FAIR. Inoltre, pur mantenendo l’acronimo, il nome “Fabrics of the Central Mediterranean” è stato cambiato in “Fabrics of Ancient Ceramics in the Mediterranean” a causa della prevista espansione delle composizioni ceramiche oltre l’ambito cronologico e geografico originale del database.

 

Il team editoriale di FACEM (nomi in ordine alfabetico)

Babette Bechtold, Barbara Borgers, Verena Gassner e Carina Hasenzagl

Congrès des RCRF – Madrid 28.09-02.10.2026

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Interconnected Pottery Geographies – Congreso RCRF 2026 Madrid

Estimados/as amigos/as,
A finales del próximo mes de septiembre organizamos en Madrid el Rei Cretariae Romanae Fautores, el congreso bianual europeo sobre cerámica que recae por segunda vez en su historia en nuestro país. El tema de este año es « Interconnected Pottery Geographies. Reflections of cross-cultural contacts in the Roman and Late Antique World », una perspectiva tanto geográfica como cronológica amplia que esperamos sea del interés de muchos de vosotro/as. Tenéis toda la información en la web del congreso:  https://rcrfmadrid2026.webflow.io/
En la misma se puede descargar el documento para presentar una propuesta, que hay que enviar a reicretmadrid2026@gmail.com antes de final de marzo.
Somos conscientes de que este año coinciden diversos congresos internacionales de cerámica pero estaríamos encantados de contar con vuestra presencia. Os recordamos que el RCRF tiene un compromiso de publicación de menos de dos años, presentando siempre las actas del congreso en la siguiente edición (la próxima, en Egipto, Alejandría 2028).
Agradeciéndoos de antemano el interés y rogándoos le déis la máxima difusión,
Un cordial saludo.
Horacio & Alejandro.
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Dear friends,

At the end of September, we will be organising the Rei Cretariae Romanae Fautores, the biannual European ceramics conference, which is being held in our country for the second time in its history. This year’s theme is ‘Interconnected Pottery Geographies. Reflections of cross-cultural contacts in the Roman and Late Antique World’, a broad geographical and chronological perspective that we hope will be of interest to many of you. All the information is available on the conference website:  https://rcrfmadrid2026.webflow.io/

On the website, you can download the document to submit a proposal, which must be sent to reicretmadrid2026@gmail.com by the end of March.

We are aware that several international ceramics conferences are taking place this year, but we would be delighted to have you join us. We would like to remind you that the RCRF is committed to publishing within two years, always presenting the conference proceedings in the next edition (the next one will be in Alexandria, Egypt, in 2028).

Thank you in advance for your interest. Please spread the word.
Kind regards.

Horacio & Alejandro.

Appel à Communication Tracéologie et usages des céramiques : quelles perspectives ?

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Appel à communication
Tracéologie et usages des céramiques : quelles perspectives ?
Date : 3-4 juin 2026
Lieu : Toulouse (Université Jean-Jaurès)
Organisation : Archeodunum SAS ; UMR 5608 – TRACES

  • Comité d’organisation : Rafaëlle ALGOUD, Bertrand BONAVENTURE, Magali GARY, Gauthier TAVERNIER, Lola TRIN-LACOMBE (Archeodunum SAS), Martine JOLY (Université Jean-Jaurès)

Pour proposer une communication (date limite : dimanche 15 mars 2026) :
https://forms.office.com/Pages/ResponsePage.aspx?id=PqSggky44UqwwmJcfwDsomh2F50S2sdKm82OAXHMmHpUN1FYS1RQQkVDTFFVU0U2SzZBM1FCR05XVC4u
Contact : traceo_ceramique@archeodunum.fr

Présentation

Depuis l’émergence de la discipline céramologique, l’étude technologique des traces de fabrication a constitué, avec l’étude morphologique, l’un des deux piliers de la discipline. Il est en revanche plus rare que soient abordées les traces d’usure liées à l’utilisation du vase, à son entretien, à son stockage, à son remploi ou à son rejet. Ces traces font souvent l’objet d’observations superficielles et opportunistes, la méthodologie de leur étude n’est pas fixée, leur enregistrement demeure peu structuré et leur potentiel informatif paraît, par conséquent, largement sous-exploité. Pourtant, on manque souvent de supports iconographiques représentant le récipient en cours d’utilisation et, même lorsque ces derniers sont disponibles, l’utilisation concrète des récipients ne se limite que rarement à leur fonction initiale. C’est alors la tracéologie qui, couplée aux analyses chimiques, est susceptible de fournir les meilleures informations sur l’historique d’un objet.
Appliquée à l’industrie lithique et osseuse depuis les années 1950, la tracéologie a largement fait la démonstration de son intérêt pour l’interprétation fonctionnelle des objets. Depuis les années 1980, ses principes ont été adaptés au mobilier céramique, sans toutefois réellement se structurer comme une véritable discipline. Pourtant, nourrie par l’archéologie expérimentale et l’ethnologie, la tracéologie permet d’établir un diagnostic à partir de l’observation des traces ou résidus pour en interpréter l’origine (utilisation culinaire, usure du quotidien, bris accidentel ou intentionnel, recuisson accidentelle, conditions d’enfouissement…). Ces traces peuvent être très diversifiées : ajout de matière (coulures, dépôts de suie, caramels alimentaires, poissage…), enlèvement de matière (cupules, desquamations…), changement chromatique (coup de feu, tâche, zonage…), altérations mécaniques (fissures, craquelures, ébréchure…), réparations, etc.
Le but de cette journée d’étude sera d’offrir un espace de discussion pour aborder cette discipline appliquée à l’étude de l’usage des récipients en terre cuite, quels que soient la période ou le domaine culturel considérés. À cette occasion, différentes méthodologies pourront être partagées, de même que des études de cas montrant l’intérêt de la tracéologie dans la compréhension d’un corpus ou de son contexte.
À l’issue de ces échanges, il pourra être envisagé de réfléchir à un protocole commun de classification et d’enregistrement des traces sur les objets en céramique.
Une publication des communications est envisagée à la suite de la table-ronde (support éditorial à préciser).
Durée communications : 30 mn + 15 mn

 

Jean SIREAUDEAU (1922-1921)

In Memoriam : Jean Siraudeau, archéologue et céramologue (Cholet, 6 juin l922 – Bouchemaine, 9 avril 2021)

Maxime Mortreau1, Ombline Grosbois2, Gérard Aubin3, François Comte4, Daniel Prigent5

I. L’homme

Issu d’une famille originaire des Mauges, Jean Siraudeau (fig. 1) a effectué l’essentiel de ses études et de sa carrière professionnelle à Angers (institution Mongazon, lycée David, Université Catholique de l’Ouest), échappant au service du travail obligatoire (STO) durant l’occupation. Il entre ensuite dans l’imprimerie familiale de la place de la Visitation et en prend la responsabilité jusqu’en 1984, moment où il prendra sa retraite. La passion de l’archéologie lui vint sur le tard, lorsqu’il fait la rencontre en 1961 du Docteur Michel Gruet. Ce dernier est géologue, conservateur-adjoint du muséum d’Angers et correspondant départemental des Antiquités préhistoriques. C’est en tant que bénévole sur des sites préhistoriques que Jean Siraudeau se forme à l’archéologie, sur son temps libre, traitant le mobilier antique mis au jour dans les structures ou avant d’accéder à celles plus anciennes. Il se forme sur l’antiquité et spécifiquement sur les amphores auprès de René Sanquer et de Fanette Laubenheimer (Aubin et al. 2021).

1 : Portrait de Jean Siraudeau (cliché Jean Rioufreyt).

II. L’archéologue

Pour tous ceux qui l’ont connu, Jean Siraudeau est un des pionniers de l’archéologie engagés dans la grande cause du patrimoine. Correspondant pour la Direction des Antiquités Historiques des Pays de la Loire de 1978 à 1989, il a mené toute une série d’opérations archéologiques à Angers et sur tout le département de Maine-et-Loire, en véritable pompier de l’archéologie professionnelle (Comte et Siraudeau 1990). En 1975, il fit classer en urgence le site du théâtre antique de Sainte Gemmes-sur-Loire, menacé de destruction (Pithon et. al. 2022). Il mena aussi, entre autre, la fouille du four de potier et de son matériel associé, découvert Place du Ralliement en 1971 (Siraudeau 1980), dont les précieuses données ont permis de mieux caractériser le faciès céramologique angevin, mais aussi celles de l’atelier de bronzier découvert à l’emplacement de la Nouvelle Bibliothèque Municipale (Siraudeau 1980 ; Siraudeau 1988), fournissant ainsi la matière première à deux articles6.

III. La fouille de la Place du Ralliement et les débuts de l’archéologie urbaine à Angers

La répartition des opérations menées sur la ville d’Angers montre l’importance de l’action de Jean Siraudeau dans cette ville (fïg. 2). Pour beaucoup d’angevins, son nom reste associé à la fouille de la Place du Ralliement qui s’effectua pendant 15 jours durant les week-ends du début de l’été 1971 (Siraudeau 1980). Cette fouille de sauvetage menée dans des conditions difficiles a marqué les débuts de l’archéologie urbaine et les esprits angevins. La moisson de données fut importante et l’exploitation délicate. Pour les céramologues, l’intérêt se porte sur la mise au jour d’un four de potier (fïg. 3) et de sa production (fïg. 4) qui illustrent les débuts de la ville antique augustéenne et ses limites. En 1974, rue Delaâge, sous les vestiges de thermes publics antiques, Jean Siraudeau découvre les restes d’un four de potier laténien (fïg. 5) et montre l’antériorité de sa production par rapport à celle du Ralliement. La chronologie de ces différents ateliers se verra affinée grâce aux fouilles menées par l’Afan (qui deviendra par la suite l’Inrap) sur le Château d’Angers entre 1993 et 1996.

2 : Angers, localisation des interventions menées par Jean Siraudeau entre 1971 et 1980 (Cellule Carte Archéologique, DRAC/SRA des Pays de la Loire)

3 : Angers, Place du Ralliement, vue de l’alandier du Four « K » (Cliché Alain Triste, CERAM ; coll. M. Mortreau)

5 : Angers, Rue Delaâge, 1974: plan du four de potier laténien (dessin J. Siraudeau)

6 : Angers, Rue Delaâge, 1974: céramique produite dans le four de potier laténien (cliché J. Siraudeau)

IV. Le céramologue

Jean Siraudeau a mesuré très tôt l’apport de la céramologie à compréhension et à la datation des contextes stratigraphiques fouillés. En 1976, il présentait une communication inédite au congrès de Saintes de la jeune SFECAG sur les ateliers de potiers fouillés en 1971, place du Ralliement, et en 1974 au 14 rue Delaâge (fig. 6). Dans les années 1980, il intégrait le Groupe de recherches sur les amphores en Gaule romaine, dirigé alors par Fanette Laubenheimer, et en devenait l’un des membres actifs.

7 : Un ouvrage incontournable pour les amphorologues de la région des Pays de la Loire (Siraudeau 1988)

Son œuvre majeure restera les Amphores romaines des sites angevins et leur contexte archéologique (Siraudeau 1988) (fïg. 7). Cet ouvrage, préparé avec l’aide de la sous-direction de l’archéologie et édité à compte d’auteur avec le concours des collectivités en 1988, s’inscrivait dans le « Corpus des amphores découvertes dans l’Ouest de la France » initié par René Sanquer, et faisait suite à un premier volume consacré en 1982 par Patrick Galliou aux amphores tardo-républicaines de Bretagne et des Pays de la Loire. Il s’agissait de réaliser une synthèse à partir de l’ensemble des collections issu des fouilles menées à Angers, depuis la naissance de cette discipline. Avec la collaboration des responsables de fouilles, il effectua un inventaire minutieux et quasi-exhaustif de tous les tessons d’amphores découverts et rédigea d’utiles notices synthétisant les informations de ces différents chantiers. Ces dernières étant composées d’un texte de présentation, de planches et de plans de contextes, ainsi que de dessins d’amphores. Pour un futur nouveau tome de cette collection, l’infatigable chercheur voulait explorer la piste des analyses physico-chimiques pour vérifier la pertinence des identifications qu’il avait pu faire pour le matériel d’Angers. A cette fin, il sollicita des crédits auprès de plusieurs partenaires dont la DRAC pour lancer dès 1990 un ambitieux programme d’analyses confié au laboratoire de céramologie de Lyon dirigé par Maurice Picon. Les résultats de ces travaux sont malheureusement restés largement confidentiels.

Il entreprit aussi l’inventaire des amphores conservées dans les dépôts archéologiques des Pays de la Loire. Très attaché à sa ville natale, il réalisa bénévolement, en 1992, le classement, l’inventaire et les dessins de la céramique gallo-romaine conservée au musée d’Art et d’Histoire de Cholet (Siraudeau 1992). Il participa à plusieurs projets de publication, dont celui des fouilles du château d’Angers et intervint dans plusieurs colloques internationaux (Siraudeau 1982 ; Siraudeau 1989). Il s’est aussi penché sur plusieurs notices de catalogues d’exposition, comme celui faisant suite à l’exposition « Nos ancêtres les Gaulois aux marges de l’Armorique » organisée lors la tenue du colloque de l’AFEAF au musée Dobrée, à Nantes (Siraudeau 1999). Il était très attaché à transmettre les données qu’il avait acquis. Ainsi, il fut régulièrement sollicité dans le cadre du chantier des collections mené à Angers au Centre de Conservation et d’Etude et se montra très investi et toujours présent pour répondre aux questionnements sur ses fouilles lors des étapes du récolement du mobilier. Ses interventions ont permis de faciliter amplement ce conséquent travail de sauvegarde et d’archivage des données archéologiques plus anciennes. Son ultime regret aura été de ne pas voir la publication du site des Pichelots aux Alleuds que son ami le regretté Dr Michel Gruet avait fouillé et dont il avait étudié les amphores.

La tenue du congrès de la SFECAG dans la ville où il a œuvré durant tant d’années lui aurait fait chaud au cœur. Il était donc juste de lui rendre cet hommage mérité.

1Céramologue, Inrap Grand-ouest, UMR 6566 CReAAH/LARA POLEN Nantes
2Céramologue contractuelle, indépendante.
3Conservateur général honoraire du Patrimoine, ministère de la Culture

4Conservateur en chef du Patrimoine des musées d’Angers
5Conservateur en chef honoraire du Patrimoine

6Mortreau et Grosbois ; Marc et al. dans SFECAG, Actes du Congrès d’Angers.

 

Des nouvelles du Corpus Vasorum Arretinorum (OCK)

I am delighted to announce that, through the interest of the Romano-Germanic Commission (RGK) of the German Archaeological Institute and the dedicated efforts of Katja Rösler, Frederic
Auth and their team, the second edition of the Corpus Vasorum Arretinorum (OCK), published in part on CD in 2000, has now been replicated and made accessible on-line to all. The URL is
https://ock.dainst.org/login
See also the RGK blog report of the launch event. The starting-point has been the character of the presentation provided in 2000, but now with full integration of the drawings into the database, creating an entirely digital resource. There have been modifications necessitated by the adaptation to a web interface, but in many respects the user experience has been enhanced by linkages to a wider world of on-line geographical and bibliographic data.
You are now invited to make use of this free resource. The website is still under development, but feedback is invited (to ock@dainst.org) and your comments will influence further
enhancements. You will need to sign up, but there is no cost.

Philip Kenrick, MA, DPhil

Former Treasurer and President of the RCRF
Corresponding Member of the German Archaeological Institute